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Conférence de presse du 11 mars 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2019/03/11

Q : Le 10 mars, heure locale, un avion d'Ethiopian Airlines s'est écrasé après son décollage de la capitale éthiopienne en direction de la capitale kényane, faisant 157 victimes à bord, dont 8 Chinois. Nous avons noté que le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères a fait une déclaration à ce sujet très tard la nuit dernière. Avez-vous des informations plus récentes à ce sujet ?

R : Le 10 mars, un avion d'Ethiopian Airlines s'est écrasé, causant la mort de toutes les personnes à bord, y compris 8 citoyens chinois. Nous en sommes profondément attristés. Nous exprimons nos plus sincères condoléances et notre profonde sympathie aux familles endeuillées des victimes. Le Président Xi Jinping et d'autres dirigeants chinois ont respectivement adressé des messages de condoléances aux dirigeants éthiopien et kényan.

Les dirigeants chinois attachent une grande importance à cet accident et sont très préoccupés par ce qui concerne les citoyens chinois victimes de cette catastrophe. Notre Ministère et l'ambassade de Chine en Éthiopie ont immédiatement réagi pour prendre les mesures appropriées. Notre ambassade en Éthiopie a mis en place un mécanisme de coordination et de liaison avec la partie éthiopienne et est entrée en contact avec les familles des victimes chinoises pour les aider à régler les questions liées au suivi. À l'heure actuelle, les informations préliminaires sur les 8 victimes chinoises ont été confirmées. Quatre d'entre elles étaient des employés d'entreprises chinoises, deux étaient des employés de l'ONU, deux autres encore, qui venaient de la province du Liaoning et de la province du Zhejiang, voyageaient à titre privé.

Selon les dernières informations dont je dispose, le 10 mars dans l'après-midi, le Premier Ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali s'est rendu sur le lieu du crash pour exprimer ses profondes condoléances aux familles des victimes. Il a également promis de fournir l'assistance nécessaire aux familles endeuillées et a exhorté les responsables concernés à mener une enquête approfondie sur l'accident. Actuellement, l'enquête se poursuit pour déterminer la cause du drame. Autant que je sache, un comité d'enquête, composé d'Ethiopian Airlines, de l'autorité de l'aviation civile éthiopienne et du Ministère éthiopien des Transports, a été mis en place. La partie chinoise espère que la partie éthiopienne fera la lumière sur la cause de l'accident dans les meilleurs délais, fournira des informations sur l'état d'avancement de l'enquête à la partie chinoise en temps utile, et traitera adéquatement le suivi de cette affaire. Notre Ministère et l'ambassade de Chine en Éthiopie continueront de suivre de près l'évolution de la situation et feront de leur mieux pour aider les familles des victimes chinoises.

Q : Dernièrement, la participation éventuelle de l'Italie à la coopération de « la Ceinture et la Route » a été au centre de l'attention de différentes parties. Nous avons pris note que le Premier Ministre italien Giuseppe Conte avait explicitement déclaré que l'adhésion de l'Italie à l'initiative « la Ceinture et la Route » représentait une opportunité pour le pays et un choix stratégique. Selon lui, cela ne signifie pas que son pays soit obligé de faire quoi que ce soit, mais cela permettrait à l'Italie de participer à ce projet et de dialoguer. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : La Chine et l'Italie entretiennent de bonnes relations. Ces dernières années, la coopération pragmatique entre les deux pays dans divers domaines a donné des résultats fructueux et apporté une contribution tangible au développement économique des deux pays. L'élargissement de la coopération mutuellement avantageuse, choix stratégique de la Chine et de l'Italie, est dans les intérêts communs des deux parties.

Si l'initiative « la Ceinture et la Route » a fait l'objet d'un soutien et d'une participation de plus en plus larges de la communauté internationale depuis son lancement il y a six ans, c'est parce que cette plate-forme de coopération répond à la demande de développement de toutes les parties, que le principe de consultations, de coopération et de bénéfices partagés a été largement approuvé, et que, plus important encore, les résultats de la coopération sont traduits dans le développement socio-économique des pays partenaires et l'amélioration des conditions de vie et de l'emploi de la population dans tous les pays participants.

L'Italie est un pays industrialisé important et une économie développée. Nous nous félicitons de la participation de l'Italie à l'initiative « la Ceinture et la Route », qui, selon nous, créera un plus grand espace pour une coopération mutuellement avantageuse entre les deux parties et apportera plus de profits au monde des affaires et aux populations des deux parties.

Q : L'ambassadeur itinérant des États-Unis pour la liberté de religion dans le monde Sam Brownback a effectué une visite à Hong Kong la semaine dernière et il se trouve actuellement à Taiwan. Il a formulé des critiques très sévères sur la Chine dans ces deux endroits, notamment sur le traitement des Ouïgours par la Chine dans le Xinjiang. Comment y réagissez-vous ?

R : Votre question comprend deux aspects. Premièrement, je tiens à souligner encore une fois que la Chine s'oppose fermement à tout contact officiel entre les États-Unis et Taiwan. Cette position est inébranlable.

Deuxièmement, nous avons noté ces remarques erronées faites par la personne concernée de la partie américaine. Nous exprimons notre vif mécontentement à ce sujet, et nous nous y opposons fermement. Nous avons fait une démarche officielle auprès de la partie américaine. Le gouvernement chinois protège la liberté de croyance religieuse des citoyens en vertu de la loi, et les Chinois des différentes ethnies jouissent pleinement de leur droit à la liberté de croyance religieuse conformément à la loi. La Chine s'oppose toujours à la fabrication ou à l'utilisation par la partie américaine de la soi-disant question religieuse pour s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays. Nous exhortons les États-Unis à faire face aux faits fondamentaux en les respectant scrupuleusement, à abandonner les préjugés et à parler et agir avec prudence. Nous exhortons les États-Unis à considérer de manière objective la politique religieuse de la Chine et sa liberté de croyance religieuse, à cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine sous le prétexte de la soi-disant question religieuse.

L'Américain en question a mentionné la soi-disant question du Xinjiang. Je tiens à souligner que les affaires du Xinjiang sont des affaires purement intérieures de la Chine. La création de centres de formation professionnelle et éducative par la région autonome ouïgoure du Xinjiang fait partie des mesures préventives contre le terrorisme et l'extrémisme. Ce ne sont pas du tout les soi-disant « camps de rééducation » sur lesquels la partie américaine fait couler beaucoup d'encre. Les faits ont prouvé que les mesures prises dans le Xinjiang pour lutter contre le terrorisme et maintenir la stabilité bénéficient d'un large soutien de la population multiethnique du Xinjiang. Nous exhortons les États-Unis à cesser de faire deux poids deux mesures concernant la lutte contre le terrorisme et le séparatisme, à cesser d'utiliser les questions liées au Xinjiang pour s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine, et à contribuer davantage à renforcer la confiance mutuelle et la coopération entre la Chine et les États-Unis.

Q : Lors de la prochaine réunion de cette semaine, le Parlement européen appellera l'UE à évaluer les cybermenaces posées par la participation de la Chine au développement de réseaux de télécommunications 5G, et à analyser si les équipements informatiques étrangers ont la possibilité d'accéder à des données dissimulées par du matériel informatique étranger. Le projet de résolution, qui devra être examiné le 12 mars, indique que le renforcement de la présence technologique de la Chine dans l'UE constitue une menace grave pour la sécurité, et nécessite une action urgente au niveau de l'UE. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Autant que je sache, aucun pays ni aucune institution ne peut fournir de preuves concluantes à l'appui des soi-disant menaces à la sécurité technologique posées par la Chine. Le grand tapage autour de cette question et les préoccupations de certaines personnes ignorant la vérité manquent de preuves irréfutables. La science et la technologie sont sans frontières, mais constituent un fondement important pour le développement durable de l'économie mondiale et une force motrice importante du progrès commun de l'humanité. En l'absence de preuves irréfutables, la suspicion réciproque, la prévention mutuelle et la recherche de son intérêt égoïste aux dépens d'autrui sont contraires au développement de la mondialisation, et encore plus au développement scientifique. Si toutes les économies cherchent à s'isoler les unes des autres, finalement ce sont les économies développées ayant davantage besoin du marché international qui en souffriront le plus.

La Chine et l'UE œuvrent toutes deux à promouvoir et à défendre le multilatéralisme. Elles partagent un consensus explicite et des intérêts communs dans la défense d'un multilatéralisme fondé sur des règles. Nous espérons que l'UE restera objective et rationnelle, qu'elle restera attachée à l'idée de l'ouverture et de la coopération, ainsi qu'au principe de liberté et d'équité, et qu'elle pourra, en s'abstenant du protectionnisme, de la généralisation de la politique et de la sécurité, et en évitant d'envoyer des signaux erronés à l'extérieur, créer un environnement favorable à la coopération Chine-UE dans tous les domaines, y compris les domaines de la science et de la technologie, et à la promotion d'un développement sain et régulier du partenariat stratégique global Chine-UE.

Q : Il y a environ deux semaines, un compte Twitter est apparu, qui prétendait être le compte Twitter officiel du Ministère chinois des Affaires étrangères. Pouvez-vous nous dire s'il s'agit vraiment de votre compte Twitter ? Sinon, avez-vous exprimé votre mécontentement à Twitter et lui avez-vous demandé de supprimer le compte ?

R : Pourriez-vous être dupé par ça ? Je peux vous dire de manière responsable qu'il s'agit d'un faux compte. Cela prouve une fois de plus que toutes les parties doivent savoir distinguer la vérité du mensonge, adopter une attitude coopérative et relever ensemble les défis de la cybersécurité par la coopération internationale.

Q : Selon un article rédigé par un expert et publié récemment dans The Globe and Mail, la Chine a suspendu certaines importations de graines de colza en provenance du Canada en donnant de fausses excuses. L'affaire n'aurait rien à voir avec les graines de colza, c'est la Chine qui serait déterminée à faire pression sur le Canada. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : J'ai déjà répondu aux questions sur ce sujet la semaine dernière. Vous avez peut-être remarqué que l'Administration générale des douanes de la Chine a publié un communiqué à ce sujet. Ces derniers temps, les postes de douanes chinoises ont intercepté maintes fois des organismes dangereux dans des graines de colza importées du Canada, qui, une fois introduits en Chine, nuiraient gravement à la production agricole et à la sécurité écologique de la Chine. Afin de prévenir la propagation de ces organismes à la source, l'Administration générale des douanes de la Chine a décidé de suspendre, à partir du 1er mars 2019, les exportations de graines de colza en Chine par une entreprise canadienne à laquelle le problème susmentionné avait été découvert à plusieurs reprises. Autant que je sache, l'Administration générale des douanes de la Chine a déjà informé la partie canadienne de cette question.

Je tiens à souligner qu'il incombe au gouvernement chinois de protéger les intérêts sécuritaires des consommateurs chinois, ainsi que la production agricole et la sécurité écologique du pays. Les mesures susmentionnées prises par les douanes chinoises constituent des mesures normales de sécurité et de quarantaine. Elles sont scientifiques et raisonnables, et tout à fait conformes aux lois et réglementations chinoises pertinentes, ainsi qu'à l'usage international.

Q : Le gouvernement chinois publiera-t-il les noms des victimes chinoises du vol d'Ethiopian Airlines ?

R : Je viens de vous présenter des informations sur les huit victimes chinoises. L'enquête sur les causes de l'accident est toujours en cours. Nous avons besoin de communiquer davantage avec les parties concernées, y compris les familles des victimes, pour savoir si d'autres informations seront rendues publiques. Je pense que vous pouvez parfaitement comprendre qu'il s'agit du respect des victimes.

Q : Selon des reportages, le Comité 1267 du Conseil de Sécurité des Nations Unies discutera le 13 mars de la question de l'inscription de Masood Azhar sur la liste noire. Samedi, l'Inde a appelé tous les membres permanents du Conseil de Sécurité à inscrire Masood Azhar sur la liste noire, vu les récentes tensions entre l'Inde et le Pakistan. Quelle décision la Chine prendra-t-elle cette fois-ci ? Pouvez-vous nous donner des informations ?

R : Le Conseil de Sécurité des Nations Unies et ses organes subsidiaires ont des règles strictes quant à leur fonctionnement. Vous avez dit que des reportages évoquent des informations sur les discussions internes d'organes subsidiaires du Conseil de Sécurité, ce qui est très douteux. Il ne faut pas fonder son jugement sur des informations obtenues par des canaux inappropriés.

Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises la position de la Chine sur l'inscription d'organisations et d'individus terroristes par le Comité 1267 du Conseil de Sécurité. La Chine a toujours participé aux débats concernés de manière responsable et dans le strict respect du principe, des règles et des procédures du Comité 1267. La Chine continuera à communiquer et à travailler avec les parties concernées de manière responsable afin de résoudre judicieusement cette question. Seule une décision prise à travers des discussions sérieuses et responsables nous permettra de trouver une solution durable au problème.

Question posée par le même journaliste : La Chine mène des dialogues avec l'Inde et le Pakistan sur les tensions entre les deux pays. La question de la lutte antiterroriste a-t-elle été abordée dans les discussions ?

R : Une multitude d'incidents sont survenus récemment entre l'Inde et le Pakistan, ce qui, comme nous le voyons, n'est pas favorable à la paix et à la stabilité en Asie du Sud. Comme je l'ai déjà dit, la Chine a offert ses bons offices en déployant beaucoup d'efforts pour faire avancer le dialogue, apaiser les tensions et favoriser l'amélioration des relations entre les deux parties. La question liée à la sécurité est un sujet important dans nos échanges de vues avec l'Inde et le Pakistan sur la situation régionale. Nous avons eu des discussions larges et approfondies avec les deux parties.

Q : La semaine dernière, Meng Wanzhou, précédemment libérée sous caution, a intenté un procès contre le gouvernement canadien en raison du traitement qu'elle a subi, tandis que les citoyens canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig détenus en Chine n'ont même pas le droit de rencontrer un avocat. Quand les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig jouiront-ils de leurs droits et de la liberté assurés en Chine, comme ce qui est accordé à Meng Wanzhou au Canada ?

R : En ce qui concerne le procès intenté par Mme Meng Wanzhou contre le gouvernement canadien et les départements concernés, il est parfaitement compréhensible que les citoyens chinois protègent leurs droits et intérêts légitimes et défendent la justice en ayant recours à des moyens appropriés. En ce qui concerne ces deux citoyens canadiens contre qui des mesures contraignantes ont été prises en Chine, comme nous l'avons dit, la partie chinoise a strictement rempli ses obligations en vertu de l'accord consulaire conclu entre la Chine et le Canada, et leurs droits et intérêts légitimes sont pleinement garantis.

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