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Conférence de presse du 28 février 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Lu Kang
2019/02/28

Q : Le Premier Ministre pakistanais Imran Khan a déclaré, lors d'une émission télévisée diffusée le 27 février dans son pays, que le Pakistan ne voudrait pas voir la situation se détériorer continuellement et qu'il était prêt à coopérer avec l'Inde pour enquêter sur l'attaque au Cachemire contrôlé par l'Inde. Selon lui, la guerre n'est profitable à aucune des deux parties et le Pakistan entend joindre ses efforts à ceux de l'Inde pour résoudre le problème à travers les dialogues. La Ministre indienne des Affaires étrangères Sushma Swaraj a également déclaré que son pays ne voulait pas voir une escalade de la situation et ferait preuve de retenue de manière responsable. Quel est votre commentaire à ce sujet ? Que pourrait faire la Chine pour atténuer les tensions entre l'Inde et le Pakistan ?

R : La Chine estime toujours que la souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les pays doivent être respectées, et ne souhaite voir aucune violation de la Charte des Nations Unies et des normes du droit international. La Chine s'inquiète de l'escalade des tensions entre l'Inde et le Pakistan. Vous avez peut-être noté les inquiétudes et les préoccupations de la partie chinoise évoquées par le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi lors de son entrevue avec la Ministre indienne des Affaires étrangères à Wuzhen et de son entretien téléphonique avec le Ministre pakistanais des Affaires étrangères. Nous exhortons l'Inde et le Pakistan à faire preuve de la plus grande retenue et à revenir rapidement à la table des négociations pour gérer la situation avec efficacité et préserver conjointement la paix et la stabilité régionales.

La Chine maintient des contacts étroits avec l'Inde et le Pakistan sur la situation actuelle et déploie des efforts pour promouvoir la réconciliation et la paix. Comme vous venez de le dire, nous avons noté que ni le Pakistan ni l'Inde ne veulent voir une détérioration ou une aggravation de la situation. Nous encourageons les deux parties à travailler dans le même sens et à résoudre le problème par le dialogue. La Chine est prête à continuer à jouer son rôle constructif à cet égard.

Q : Le deuxième sommet entre la RPDC et les États-Unis à Hanoï s'est achevé brusquement et, apparemment, les deux parties ne sont pas parvenues à un accord. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ?

R : Vous avez l'air d'être déjà parvenu à une conclusion au sujet de leur rencontre, n'est-ce pas ? À en juger par les informations divulguées par les États-Unis, je crois comprendre que le Président Trump tiendra un point de presse. Je suis aussi intéressé que vous de savoir comment la RPDC et les États-Unis s'exprimeront sur la rencontre à Hanoï. À notre avis, depuis plus d'un an, la situation dans la péninsule coréenne a connu un tournant majeur et la question de la péninsule coréenne a été ramenée sur la bonne voie du règlement politique. Ce résultat a été obtenu au prix de durs efforts et devrait être préservé avec soin.

En fait, le chemin sinueux de développement de la situation de la péninsule coréenne au cours des dernières décennies nous indique que le dialogue et la consultation sont la seule issue, et que des efforts déployés dans le même sens permettent de progresser dans la stabilité et la durabilité. Nous espérons que la RPDC et les États-Unis poursuivront le dialogue, continueront à faire preuve de sincérité, respecteront et prendront en considération les préoccupations légitimes réciproques, et travailleront de concert pour favoriser la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la mise en place d'un mécanisme de paix dans la péninsule coréenne. La Chine continuera de jouer un rôle constructif à cet égard.

Q : Le Congrès mondial du mobile s'est clôturé aujourd'hui à Barcelone. Huawei a été un des centres d'attention lors du congrès. D'une part, les officiels du Département d'État américain présents au congrès demandaient sans cesse aux gouvernements et entreprises d'autres pays de prendre en compte la menace posée par Huawei et d'autres sociétés chinoises de technologie de l'information, sans pour autant fournir les preuves que les différentes parteis auraient voulu voir. D'autre part, des médias disent que Huawei aurait réalisé de nouveaux progrès dans la coopération internationale 5G, signant des accords de coopération avec des entreprises de télécommunications de plusieurs pays, dont la Malaisie, l'Indonésie et l'Arabie saoudite, et lançant des réseaux commerciaux 5G avec des opérateurs de Suisse et d'Afrique du Sud. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : En effet, ces derniers jours, les médias ont suivi de près le Congrès mondial du mobile tenu à Barcelone. Selon certaines informations, Huawei aurait engagé des dialogues très pointus avec les gouvernements, les secteurs et les entreprises des pays concernés à cette occasion. Des entreprises de plusieurs pays auraient signé des accords de coopération avec Huawei. J'ai également lu des informations selon lesquelles Huawei, titulaire de plus de 2 500 brevets 5G, aurait signé des contrats commerciaux 5G avec plus de 30 opérateurs dans le monde et délivré plus de 40 000 stations de base 5G. Cela montre une nouvelle fois que la majorité des pays sont capables de faire leurs choix politiques en toute indépendance en conformité avec leurs intérêts, et que la majorité des entreprises s'emploient à préserver un environnement de marché juste et équitable.

S'agissant de votre question sur les risques de sécurité présentés par les produits de sociétés d'autres pays décrits avec exagération par les responsables américains au cours du Congrès mondial du mobile, j'ai noté que le programme américain Prism, le « Cloud Act » américain, le projet de loi américain sur la surveillance du renseignement étranger et le projet de loi américain sur le partage des informations sur la cybersécurité y avaient été évoqués à plusieurs reprises. Je ne sais pas quelles explications les officiels américains ont données. Pour ma part, je n'ai lu aucun reportage à ce sujet, du moins pour le moment.

Q : Le Royaume-Uni, la France et les États-Unis ont demandé au Conseil de Sécurité des Nations Unies d'inscrire Masood Azhar sur la liste noire des terroristes des Nations Unies. Ma question est la suivante : la Chine bloquera-t-elle cette demande comme elle l'a fait par le passé ?

R : Comme nous l'avons dit à maintes reprises, le Comité 1267 du Conseil de Sécurité des Nations Unies a défini des critères précis pour les procédures d'inscription et de désignation des entités ou des individus terroristes. La Chine continuera de participer de manière responsable aux discussions du Comité des sanctions des Nations Unies et de ses organes subsidiaires.

Q : En ce qui concerne le deuxième sommet entre la RPDC et les États-Unis, la partie américaine a déclaré dans un communiqué de presse qu'aucun accord n'avait été conclu et que le déjeuner entre les deux dirigeants avait été annulé. Certains disent que cette rencontre n'a pas donné de bons résultats. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Je viens de répondre à la question posée par un journaliste de République de Corée. À dire vrai, nous suivons de près l'évolution de la situation. Nous avons également pris note de certains commentaires et reportages des médias, mais j'espère quand même que vous écouterez comment les gouvernements de la RPDC et des États-Unis vont, au final, expliquer et présenter le sommet.

J'espère également que vous tiendrez compte du fait que le problème nucléaire de la péninsule coréenne persiste depuis de nombreuses années et qu'il ne peut être résolu du jour au lendemain sans effort.

Au cours de la dernière année, les deux parties ont pu revenir sur la bonne voie d'un règlement politique, ce qui prouve une fois de plus que les deux parties doivent faire preuve de sincérité, déployer véritablement des efforts dans le même sens et s'en tenir au règlement du problème par le dialogue et les négociations. Un facteur clé est que la RPDC et les États-Unis, en tant que parties principales concernées du problème de la péninsule coréenne, doivent véritablement respecter et prendre en considération les préoccupations légitimes respectives.

Autant que je sache, selon ce que nous pouvons lire dans les reportages, il est possible que les deux parties poursuivent leurs pourparlers. Nous espérons qu'elles maintiendront ce dialogue. Nous espérons également que les deux parties, en respectant réellement et en envisageant les préoccupations légitimes respectives, obtiendront les résultats positifs auxquels elles aspirent et que les peuples du monde entier souhaitent voir.

Q : Également une question sur le sommet. Pouvez-vous nous donner des informations sur Kim Jong-un, qui repart en train pour regagner son pays à travers la Chine ? Savez-vous quand son train spécial entrera sur le territoire chinois ? Et est-ce qu'il y aura une rencontre entre Kim et la partie chinoise ?

R : Je me souviens d'avoir déclaré hier qu'il serait inapproprié pour nous d'annoncer des informations sur l'itinéraire des dirigeants étrangers à la place de leur gouvernement.

Q : Le Vice-Ministre des Affaires étrangères de la RPDC Ri Gil-song est arrivé à Beijing ce matin. Est-il venu pour coordonner le retour du Président Kim Jong-un dans son pays en passant par la Chine ? Est-ce qu'il rencontrera le Président Xi Jinping ?

R : Vous êtes un observateur attentif. À l'invitation du Ministère chinois des Affaires étrangères, le Vice-Ministre des Affaires étrangères de la RPDC Ri Gil-song a entamé sa visite en Chine le 28 février. Pendant sa visite, les deux parties échangeront leurs points de vue sur les relations bilatérales et d'autres questions d'intérêt commun.

Q : Une question sur le Pakistan et l'Inde. Selon des informations du Ministère chinois des Affaires étrangères, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a eu un entretien téléphonique avec le Ministre pakistanais des Affaires étrangères hier soir. Pourriez-vous nous donner des détails sur cet entretien téléphonique ? Selon le communiqué de presse publié par le Ministère chinois des Affaires étrangères, le Ministre pakistanais des Affaires étrangères a informé la partie chinoise du dernier état d'avancement de la situation. Pouvez-vous préciser de quoi il s'agit ?

R : La Chine a publié des informations sur cet entretien téléphonique très rapidement hier dans la nuit, ou, plus précisément, aujourd'hui au petit matin.

Il est vrai que le chef de la diplomatie pakistanaise a eu un entretien téléphonique d'urgence avec le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi pour l'informer de la situation actuelle ainsi que de l'évaluation et des considérations du gouvernement pakistanais en la matière. Dans le même temps, la partie pakistanaise a souhaité que la Chine continue à jouer un rôle actif dans l'abaissement des tensions. Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a exposé le point de vue de la Chine sur la situation actuelle. Selon lui, nous sommes vraiment préoccupés par les tensions survenues dans les relations indo-pakistanaises. Wang Yi a réitéré que la Chine espère que l'Inde et le Pakistan pourront faire preuve de retenue et honorer leurs engagements pour prévenir une escalade de la tension. Il a explicitement souligné que la souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les pays doivent être réellement respectées.

Le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a en outre présenté les efforts faits par la Chine pour favoriser la réconciliation et le dialogue. Vous pouvez lire notre communiqué de presse pour plus d'informations.

Q : Le sous-comité permanent des enquêtes du Sénat américain a publié hier un rapport dans lequel il indique que les Instituts chinois Confucius devraient être modifiés ou fermés aux États-Unis. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Depuis 2004, le Bureau du Conseil international de la langue chinoise, connu sous le nom de Hanban, en coopération avec des universités américaines sur la base du volontariat, a mis en place 110 Instituts Confucius et plus de 500 classes Confucius aux États-Unis. Tous les Instituts Confucius aux États-Unis sont établis à la demande volontaire des universités américaines, conformément au principe de respect mutuel, de consultations amicales, d'égalité et d'avantages réciproques, par des universités chinoises et américaines. Le fonctionnement et la gestion quotidiens de tous ces Instituts Confucius sont légaux, légitimes, ouverts et transparents. Ils ont joué un rôle important dans la promotion des échanges socioculturels sino-américains et ont été salués par différentes parties.

Si vous visitez l'un de ces Instituts Confucius aux États-Unis, vous constaterez qu'ils sont très populaires auprès de la population locale, des écoles, des enseignants et des étudiants. Certaines personnes et institutions américaines tentent de politiser sans fondement les Instituts Confucius, qui constituent un programme d'échanges culturels et éducatifs normaux entre la Chine et les États-Unis. C'est un état d'esprit typique de la guerre froide et cela reflète probablement leur manque de confiance.

Nous espérons que ces personnes pourront envisager correctement le rôle important que jouent les Instituts Confucius dans la promotion de la compréhension mutuelle entre les peuples chinois et américain, et tenir véritablement compte des besoins légitimes et urgents de la population américaine, notamment des étudiants, des enseignants et des parents désireux d'apprendre la langue chinoise et de mieux connaître la culture chinoise, au lieu de politiser, à propos de tout et de rien, les échanges entre les peuples chinois et américain.

Q : Hier, un pilote de l'armée de l'air indienne a été capturé sur le territoire pakistanais, et le gouvernement indien a déclaré que, conformément à la Convention de Genève, il devrait être traité comme un prisonnier de guerre et renvoyé en Inde. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Depuis hier, les médias et les internautes indiens et pakistanais ont exprimé des points de vue différents sur cette question. Quant à ce qui s'est réellement passé, il serait inapproprié pour nous de faire plus de commentaires.

Mais je tiens à réitérer encore une fois qu'il est très important que l'Inde et le Pakistan, pays importants d'Asie du Sud, entretiennent des relations harmonieuses et travaillent de concert pour maintenir la paix et la stabilité régionales. L'escalade des tensions entre l'Inde et le Pakistan à la suite des événements survenus récemment n'est pas ce que nous souhaitons voir et nous préoccupe beaucoup. Nous espérons que l'Inde et le Pakistan honoreront leurs engagements d'empêcher la détérioration ou l'aggravation de la situation, et reviendront à la table des négociations le plus tôt possible, afin que les différends soient effectivement maîtrisés et que la paix et la stabilité régionales soient rétablies, car cela correspond aux intérêts de tous les pays.

Question posée par le même journaliste : Pensez-vous que tous les pays devraient, par principe, respecter et mettre en pratique la Convention de Genève en période de conflit militaire ?

R : Pas seulement la Convention de Genève. Comme je viens de le dire, la Chine estime que, dans les relations internationales, tous les pays doivent respecter l'ensemble du droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales, y compris la Charte des Nations Unies.

Q : Le deuxième sommet entre la RPDC et les États-Unis a rencontré des difficultés. Quel rôle la Chine va-t-elle jouer ? Pensez-vous que les pourparlers à six seront un bon choix ?

R : Tout à l'heure, certains d'entre vous ont dit que les pourparlers entre la RPDC et les États-Unis avaient « échoué », d'autres ont affirmé qu'aucun accord n'avait été conclu, d'autres encore ont indiqué qu'il y avait des revers. Nous suivons l'évolution de la situation, mais j'espère quand même que vous pourrez voir comment les autorités des États-Unis et de la RPDC évalueront le sommet. Ce qu'elles diront nous permettra de savoir les efforts que nous devrons déployer à l'avenir.

En ce qui concerne le rôle de la Chine, comme nous l'avons dit, depuis l'année dernière, la situation de la péninsule coréenne a connu un tournant important. La partie chinoise a toujours œuvré pour promouvoir la paix et les négociations, en présentant ses propositions et ses idées, y compris la double approche, ainsi que les efforts constants visant à encourager la RPDC et les États-Unis à œuvrer dans le même sens et à prendre réellement en compte les préoccupations légitimes respectives.

En fait, depuis le tout début du problème nucléaire de la péninsule coréenne, même dans les moments les plus difficiles, la Chine a fait tout son possible pour encourager la RPDC et les États-Unis à résoudre le problème par le dialogue et la négociation, la seule voie correcte, et à préserver la paix et la stabilité dans la péninsule. Les pourparlers à six que vous venez de mentionner constituent une plate-forme importante pour la résolution du problème nucléaire de la péninsule coréenne, qui a été guidée et mise en place par la Chine en faisant des efforts extrêmes. La déclaration commune du 19 septembre à laquelle nous étions parvenus est un très bon consensus ; malheureusement, elle n'a pas été mise en œuvre par la suite. Nous espérons que toutes les parties, en tirant les leçons du passé, continueront à maintenir le dialogue, feront des efforts dans le même sens, et travailleront ensemble à promouvoir le processus de dénucléarisation et la mise en place du régime de paix dans la péninsule.

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